Pleurer à mort son péché

Tha’a’labah était un jeune très pieu, serviable, aimable et très dévoué aux instructions de Prophète Muham’mad comme tout intime compagnon. Un jour notre prophète envoya ce jeune en mission très loin de Madinah. Tha’a’labah aurait pu accomplir la mission en une demi-journée et y était presqu’arrivé à le faire. Sur le chemin de retour notre jeune homme de 15-16 ans passa auprès d’une tente isolée d’un village dans le désert et s’arrêta auprès de celle-ci lorsqu’il entendit comme si de l’eau versait à l’intérieur. Tha’a’labah se faufila auprès de la tente et glissa un regard au travers une fente pour voir ce qui s’y passait. Il vit une femme toute nue en train de se laver et commit l’erreur de regarder encore une autre fois. Tout d’un coup il se rappela d’un Hadith dans lequel le prophète Mouham’mad avait averti contre les regards qui peuvent nous faire pécher. « Le premier regard est pour toi. Le deuxième est contre toi ». Ce Hadith resonna dans la tête du jeune Tha’a’labah lequel se rendit compte qu’il venait de transgresser à travers ce regard. Il courût très loin et se mit à pleurer à chaudes larmes. Il pleurait et se disait qu’un verset du Coran serait déjà envoyé au prophète à propos du péché commis et de la reconversion de Tha’a’labah en hypocrite. Il pleurait fort et se sentait perdu. Il décida de ne pas retourner à Madinah rendre compte de sa mission au prophète. Il décida, en lieu et place, de fuir très loin où il ne pourrait jamais être retrouvé et y pleurer sa dérive pour le reste de sa vie.

Tard dans l’après-midi prophète Mouham’mad commença à demander de Tha’a’labah et était visiblement inquiet sur la situation du jeune homme. Personne n’avait vu Tha’a’labah revenir et tout le monde fut envoyé par notre prophète à la recherche de jeune compagnon. En petits groupes les gens avaient des jours durant fouillé en vain partout dans les environs de Madinah. Un autre jour prophète Mouham’mad, très inquiet, envoya Seyyidina Oumar et Seyyidina Abou’Bakr à deux fouiller partout même les villages lointains pour lui ramener, vaille que vaille, Tha’a’labah. Seyyidina Oumar et Seyyidina Abou’Bakr partirent fouiller sans succès vallées et montagnes, villages et désert, et demandaient à toute personne rencontrée comme le leur a ordonné notre prophète. Après quelques semaines de fatigante fouille, ils arrivèrent à la rentrée d’un énième village isolé. Il y avait là un vieux berger qui faisait paître son petit troupeau de chèvres auquel ils dirent qu’ils cherchaient un jeune homme perdu de vue il y avait quelques semaines de cela. Le vieux berger leur dit : « Je ne sais pas si c’est lui que vous cherchez mais il y a un jeune homme pleureur qui vit dans cette montagne depuis quelques jours. Personne ne sait d’où il vient ni de quoi pleure-t-il. Nous l’entendons pleurer toute la nuit. Il s’est beaucoup affaibli au fil du temps et ne se nourrit que du lait qu’il vient prendre chaque matin avec moi ici ». Les deux compagnons dirent que ce serait certainement Tha’a’labah ce jeune pleureur. Ils se cachèrent aux parages pour attendre l’heure du petit déjeuner du jeune pleureur.

Tha’a’labah ne pouvant plus tenir debout depuis très longtemps, rampa ce jour pour venir prendre son lait à l’endroit habituel avec notre berger. Il lui fut servi son lait. Tha’a’labah pleurait et buvait son lait mélangé à ses propres larmes. Tout d’un coup Seyyidinah Oumar bondit de nulle part et appela le jeune homme de son vrai « Abdou’Rahman ! ». Tha’a’labah jeta le lait et tenta avec sa dernière énergie de fuir des lieux. Il fut rattrapé par Seyyidina Oumar et Abou’Bakr qui criaient : « Prophète Mouham’mad est très inquiet et nous a demandé de te retrouver et te ramener à lui ». Le jeune pleurait plus fort et dit qu’il ne retournerait jamais voir le prophète. Il suppliait dans sa petite voix de le laisser tranquille. Rien à faire ! Oumar et Abou’Bakr ne pouvaient pas échanger les supplications du jeunot aux ordres du prophète Mouham’mad. Tha’a’labah fut amené de force au prophète et n’arrêtait pas de pleurer. Il fut posé tout fébrile dans la maison du prophète et Oumar partit passer l’information à celui-ci : « Nous avons retrouvé le jeune Tha’a’labah mais il est très fatigué et est chez toi. Il semble avoir attrapé une terrible maladie et ne cesse de pleurer ».

Prophète Mouham’mad, encore plus inquiet rentra hâtivement chez soi s’occuper personnellement du jeune compagnon enfin retrouvé. Tha’a’labah gisait au sol et pleurait encore lorsque notre prophète arriva à domicile. Tha’a’labah pleurait plus fort et suppliait : « Ne m’approche pas ! O ! Mouham’mad ! Ne m’approche pas ! Je suis mal propre et tu es un saint prophète ! N’approche pas mes souillures, s’il te plait ! ». Rien à faire ! Notre prophète s’inquiétait pour le jeune homme, l’approcha, s’assit par terre et posa la tête de Tha’a’labah sur ses cuisses à lui.

Tha’a’labah redoubla ses pleures et dit qu’il était foutu pour avoir commis un grave péché, sous le regard d’Allah. Il dit au prophète : « Que me caches-tu ? Un verset du Coran est déjà venu en toi disant que Tha’a’labah est des gens hypocrites, n’est-ce pas ? ». Prophète Mouham’mad répondit qu’il ne cachait rien et que aucun verset n’avait parlé de Tha’a’labah. Encore mal rassuré, le jeune homme pleurait toujours et dit qu’il était probablement devenu hypocrite et qu’il allait être puni en enfer pour un péché qu’il avait commis. Notre prophète lui dit : « Un musulman n’a pas que des déceptions en vers Allah. Un musulman doit aussi avoir de l’espoir. Qu’espères-tu d’Allah ? ». Tha’a’labah répondit : « Le pardon. J’espère qu’Allah me pardonne mon péché ». Prophète Mouham’mad, la tête du jeune homme toujours sur lui, dit : « Alors dis-le à Allah directement ».

Tha’a’labah dit : « Allah pardonne-moi mon péché ». Prophète Mouham’mad reprit la supplication formulée par le jeune compagnon et lui caressa le visage.

Les yeux du jeune Tha’a’labah s’éclaircirent aussitôt et il s’exclama : « C’est comme si des milliers d’insectes remontaient mon corps ! ». Prophète Mouham’mad lui demanda : « Les sens-tu vraiment ? ». Tha’a’labah lui répondit : « Oui je les sens et c’est comme si je vais bientôt perdre conscience ». Notre prophète reprit immédiatement : « C’est la mort ! C’est la mort ! Prononce le sermon du musulman ! ». Tha’a’labah dit : « Il n’y a de divinité qu’Allah, et Mouham’mad est son prophète ». Le jeune compagnon mourut à l’instant même, entre les mains du prophète, avec le pardon d’Allah tout miséricordieux.

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