Gestion d’une épidémie par les musulmans en l’an 639

Sept (7) ans après la mort du prophète Muhammad (Paix et Saluts sur Lui), les musulmans furent testés par une épidémie meurtrière en Palestine. Les musulmans venaient d’y vaincre l’empire romain et la vie reprenait son cours normal lorsque soudainement une épidémie frappa gravement la communauté locale. Des gens mouraient de partout et personne ne comprenait la situation. Le gouverneur de cet état écrivît à Seydina Oumar (qu’Allah soit satisfait de lui), Khalife de l’époque, pour l’en informer en ces termes : « les gens meurent comme des animaux ». Attristé et très conscient de ses responsabilités, Seydina Oumar décida d’aller de lui-même s’enquérir des nouvelles. Il disait souvent « comment puis-je prétendre être le serviteur de ma communauté alors que je ne subis pas en personne ce qu’elle subit ?». Il prit alors quelques soldats avec lui et partit pour la Palestine, qui était sous son protectorat. Comme d’habitude les rois ou Khalifes annonçaient leur arrivée et se faisaient rencontrer par les autorités d’accueil à l’entrée des contrées et villes. Et donc Seydina Oumar fut accueilli aux portes de la Palestine par le gouverneur de l’époque qui n’était autre que Abou Oubayda (qu’Allah soit satisfait de lui). Après les salutations d’usage, Abou Oubayda reprit les mêmes termes dans sa lettre envoyée à Oumar pour l’alerter de leur situation : « nous mourons comme des moutons, par-ci, par-là ».

Le Khalife commença alors à consulter ses compagnons autour de lui sur les prochaines étapes à entreprendre. Beaucoup de ses compagnons soutinrent l’idée qu’il devait retourner à Médine afin d’éviter d’être touché par cette épidémie meurtrière ou bien probablement de la propager s’il entrait. D’autres insistèrent que s’il rebroussait chemin il aurait même pu éviter de ramener à Médine l’épidémie qu’il risquait de contracter et qui peut-être décimerait ainsi toute la communauté musulmane. Une partie des compagnons lui suggéra quand-même d’avoir « totale » confiance en Allah, d’entrer s’enquérir de lui-même des réalités de terrain et faire montre de ce leadership tant souhaité dans ces circonstances. Les compagnons avançaient des idées et Oumar réfléchissait en même temps. Il dit après un certain instant : « nous retournons à Médine ». Abou Oubayda le gouverneur lui dit alors : « Oh Khalife général ! Vas-tu fuir du destin d’Allah ? ». Oumar le cœur bien serré lui répondit : « j’aurais aimé que ce soit une personne autre que toi qui me le dise ».  Et il ajouta clairement : « nous fuyons le destin d’Allah vers le destin d’Allah ».

Ayant jusqu’ici suivi les échanges à distance, Abdourahman Bn Awf qui accompagnait le Khalife, approcha de lui et du gouverneur, et dit : « je me souviens d’un enseignement du prophète à ce sujet. J’ai entendu le prophète Mouhammad (P.S.L) dire que si vous apprenez qu’il y a une épidémie dans une contrée n’y entrez pas, et si vous y êtes pendant que se déclare l’épidémie ne sortez pas ». Seydina Oumar fut ainsi confirmé dans sa décision et dit alors qu’il rentrait à Médine après avoir donné quelques instructions au gouverneur Abou Oubayda.

Revenu chez lui dans ce territoire nettement dévasté par l’épidémie, Abou Oubayda ordonna un de ses commandants Abou Moussa Al Askary de sortir de la ville tous les malades et de les isoler dans des campements loin de la communauté afin de réduire les risques de contamination et certainement arrêter l’épidémie. Abou Moussa rentra chez lui pour se préparer à la mission et trouva que sa femme mourrait à l’instant même, emportée par l’épidémie. Abou Oubayda n’avait d’autre choix que d’exécuter l’ordre que lui-même avait donné.

Peu de temps après son retour à Médine, Seydina Oumar écrivit au gouverneur Abou Oubayda un message ambigu : « dès que tu reçois cette lettre, viens vite j’ai besoin de toi ». Il tenait à Abou Oubayda car il avait beaucoup d’estime sur sa personne et voulait le sauver de l’épidémie. Abou Oubayda lit la lettre et rit très fort. Il répondit au Khalife : « je ne quitterai pas ma troupe et je suis satisfait de ce qu’Allah me destine. Je mourrai martyr ». En plus de l’aide qu’il apportait à sa communauté et sa dévotion à l’islam il se souvenait certainement du Hadith dans lequel le prophète Mouhammad (P.S.L) disait que celui qui meurt dans un incendie, ou dans une noyade, ou bien étant en grossesse, ou bien celui qui meurt d’une épidémie, meurt martyr (et donc entre directement au paradis). Il ne désobéissait certainement pas le Khalife Oumar mais respectait tous ces Hadiths dans leur intégralité et désirait ardemment servir la communauté jusqu’au dernier souffle. Lorsque Seydina Oumar reçut la réponse de Abou Oubayda, il pleura très fort et très longuement. Ses compagnons autour de lui demandèrent si Abou Oubayda était mort de l’épidémie et il répondit : « Non ! Mais ce n’est malheureusement qu’une question de jours ! ».

Effectivement quelques jours après, une lettre arriva de la Palestine disant que Abou Oubbayda avait péri de cette épidémie. Il était en train de préparer cet endroit pour isoler les personnes atteintes de l’épidémie lorsqu’il succomba. Agonisant, il avait dit : « Allah a prescrit la mort à tous les enfants d’Adam et tous vont mourir. Le plus intelligent des enfants d’Adam est celui qui obéit son seigneur et qui travaille dur pour préparer son voyage ».  Avant son dernier souffle il désigna Mo’Az Bn Djabal pour le succéder. Mo’Az pleura énormément et dit : « Abou Oubayda était un homme très sincère envers son seigneur. Et son seigneur était si immense dans son cœur ! ».

 Lorsque Seydina Oumar apprit la triste nouvelle, il pleura si fort aussi et dit haut ce qu’il cachait de Abou Oubayda : « Wal’lah ! S’il était vivant j’allais le nommer mon successeur et j’aurais rencontré mon seigneur en toute tranquillité. J’ai entendu le prophète Mouhammad (P.S.L) dire que toute communauté a une personne digne d’estime et que Abou Oubayda était celui de cette communauté ».

Mo’Az (qu’Allah soit satisfait de lui), ce nouveau gouverneur, était ce jeune homme de la trentaine que le prophète Mouhammad (P.S.L) avait déjà nommé à beaucoup de postes de responsabilités notamment imamats et missions diplomatiques, et avait dit de lui qu’il était le plus sage. Le prophète lui avait dit très tôt qu’il l’aimait et il fut de ceux qui ont pour la première fois écrit tout le coran (qu’il mémorisait) après la mort du prophète (P.S.L).

Mo’Az prit les reines de la contrée et avait déjà perdu de cette épidémie deux filles, deux garçons et sa femme, toute sa famille. Un de ses garçons nommé Abdourahman fut le dernier à rendre l’âme. C’est à celui-ci que Mo’Az avait dit un jour : « Oh Mon fils ! Si tu entreprends une prière, n’importe laquelle, pries la comme si c’était ta dernière chance ! ». Il l’aimait tant ! Mo’Az demanda pendant les derniers instants à ce garçon comment se sentait-il. Le garçon lui répondit : « La vérité est de ton seigneur. Ne sois pas de ceux qui sont hésitants » (verset dans sourat Baqarat). Mo’Az répliqua : « Tu me trouveras par la volonté d’Allah, parmi ceux qui patientent » (verset dans sourat Foussilat). Abdourahman (quÁllah soit satisfait de lui) mourut aussitôt. Beaucoup de compagnons du prophète Mouhammad (P.S.L) périrent tristement de cette épidémie parmi eux le gouverneur Mo’Az Bn Djabal en personne. 

Dans ce contexte de tristesse et de désolation, Mo’Az fut aussitôt remplacé par Amr Bn Asr (qu’Allah soit satisfait de lui). Fin stratège dans la conception et de l’exécution des tactiques de guerre, Amr eut la lourde charge de réorganiser la communauté déjà affaiblie par l’épidémie et ordonna d’évacuer entièrement la ville, d’éviter les lieux publics et tout attroupement, et regroupa les gens hors de la ville en groupuscules plus faciles à gérer et à suivre. C’est ainsi que s’estompa l’épidémie et la vie redevint progressivement normale. Lorsque tout se fut normalisé le Khalife Seydina Oumar (Allah soit satisfait de lui) arriva en Palestine pour aider à la redistribution de l’héritage et Amr profita de l’occasion pour lui demander d’envahir Alexandrie jusque-là tenue par le très fort empire romain.  

Qu’Allah nous pardonne les erreurs de traduction, qu’il nous enseigne le meilleur de cette histoire, et qu’il nous néantise cette épidémie. Aamiin !

Histoire racontée par Sheikh Oumar Souleyman de la Fondation #Yaqeen

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